Mélancolie
Le corps dans le poids de la lumière lente
La mélancolie, tel un fardeau que le corps porte.
Mélancolie Elle photographie une température particulière de la vie intérieure et la perçoit à travers le corps. Le deuil et la dépression ont leurs propres langages visuels et leurs propres photographes. La mélancolie est plus discrète et plus ancienne : un état dans lequel le corps devient plus lent, plus lourd, plus attentif aux surfaces qui l’entourent. Dans cette série, ce poids façonne la posture.
Le deuil a généralement une occasion et une direction : quelque chose a été perdu, et le deuil s'achemine, aussi lentement soit-il, vers sa fin. La mélancolie, quant à elle, s'étend dans le temps sans être liée à un événement. Elle n'a pas besoin de cause pour commencer et ne laisse entrevoir aucun signe de fin ; elle s'installe donc dans les pièces, les après-midis et les habitudes. Pour un médium fondé sur l’instant, c’est l’un des états les plus difficiles à photographier.
La série aborde la mélancolie comme une pause dans l’action. Les mains sont libres et toutes les capacités sont toujours présentes, mais rien n’est saisi. Dans cette pause, l’attention se tourne vers l’intérieur, et le corps, ralenti, commence à percevoir davantage. On s’accroche à quelque chose, généralement sans nom, et le personnage le porte comme il porte son propre poids. Les mots peinent à décrire cet état ; c’est pourquoi les photographies le traduisent par la posture et l’expression.
En Mélancolie Le silence appartient à la silhouette, repliée sur elle-même et gardant son poids pour elle seule. Le spectateur est admis dans une atmosphère, sans qu’on ne lui offre rien de plus.
La grammaire visuelle de la série repose sur une lumière feutrée. Celle-ci semble s’être invitée à contrecœur. Elle pénètre doucement dans des intérieurs paisibles, préserve un faible contraste et évoque davantage le temps que la forme, donnant ainsi l’impression que le lieu attendait depuis longtemps.
Le corps mélancolique s'est retiré de l'économie du geste. Les vêtements lui donneraient une direction, un contexte social, une mission.
Les expressions que l'on voit sur ces photos se révèlent peu à peu, au fil de longues séances où il ne se passe pratiquement rien.
Œuvres choisies
Editions
Les tirages aux pigments d'archives sont édités en séries limitées de 5 + 1 épreuve d'artiste, imprimées sur des papiers Hahnemühle Photo Rag et FineArt Pearl, choisis pour leur capacité à conserver la gamme de tons sourds dont dépendent ces images. Les œuvres sélectionnées sont représentées sur Artsper, Saatchi Artet Artmajeur. Pour toute demande de renseignements, veuillez écrire à : print@burakbulut.org.




























